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Thierry MEYNIER DE SALINELLES

Président de la cave coopérative de Saint-Gilles.

Thierry MEYNIER DE SALINELLES,

comment devient-on Président d’une cave coopérative ?
Vigneron coopérateur depuis plus de 30 ans, je suis devenu administrateur de la cave de Saint-Gilles avant d’en assurer la présidence, depuis maintenant 5 ans.

La production a-t-elle évolué au cours de ces 30 dernières années ?
Dans les années 1970, la cave produisait 120 000 hl de vin. Deux crises viticoles majeures (1985 et 1995) ont provoqué un arrachage massif du potentiel de production, stabilisant la récolte à environ 30 000 hl pendant environ 10 ans. Cette mesure s’est malheureusement avérée insuffisante, faute d’être doublée d’une restructuration commerciale, alors que les conditions de rentabilité financière continuaient à se dégrader. La production est aujourd’hui six fois moindre qu’il y a 30 ans, les vendanges en cours étant estimées à 23 000 hl.

Comment se profile l’avenir de la cave face à un tel constat ?
Une réflexion de fond a été menée depuis 4 ans, pour préserver la continuité de l’activité viticole sur la commune à travers sa cave. Elle a révélé le double besoin de restructuration des outils de production et des méthodes de commercialisation. Intimement convaincu que la coopération mérite de retrouver ses lettres de noblesse, j’ai ardemment défendu l’esprit de mutualisation qui m’anime depuis toujours, dans ce nouveau montage, qui a été voté à l’unanimité en Assemblée Générale le 31 juillet dernier.

Ainsi est né le projet de fusion de 4 caves du département, que sont Jonquières-Saint-Vincent, Bellegarde, Manduel et Saint-Gilles. Cet engagement fort répond aux deux objectifs évoqués plus haut :

  • la modernisation de l’outil, par la construction, dans les 3 ans, sur la commune de Jonquières-Saint-Vincent, d’un site de haute technologie permettant la vinification, le conditionnement, l’expédition et la commercialisation dans le respect des normes environnementales et règlementaires actuelles,
  • un nouveau modèle commercial, appuyé sur deux structures : Wine Way (qui proposera toute la gamme de vin conditionné) et Rhône Rive (pour le vrac), qui englobent un nombre important de caves en Costières de Nîmes, Côtes du Rhône et Pic Saint Loup.

Que restera-t-il alors sur la commune ?
Je rappelle que l’objectif initial de ce nouveau montage était de redonner de l’avenir au vignoble saint-gillois, au même titre que son arboriculture, après le constat de dégradation perpétuelle d’un terroir par ailleurs exceptionnel. Saint-Gilles demeurera donc un centre de collecte, premier maillon de la nouvelle chaîne, et, loin de disparaître, le caveau sera redynamisé, et deviendra plus que jamais la vitrine de la production viticole Saint-Gilloise.

Pour conclure, un commentaire sur les vendanges qui se terminent ?
Les conditions climatiques du mois d’août ont probablement réduit la potentialité de la récolte, qui promet néanmoins un bon millésime.

Interview Septembre 2009.